Depuis le temps que j'en rêvais!!

D'après les récits de mes grands-parents sur la période 1939-1945 aux Antilles, je savais pertinemment qu'il été possible de réaliser sa propre huile de coco maison et du cacao aussi (miam miam).

Si ces années furent sombres en Europe, de l'autre côté de l'Atlantique ce fût terrible.

Laissez-moi  vous raconter un peu de ce chez moi, le vrai, pas celui des cartes postales, de la plage, de la fête, non, celui du racisme, de l4élite des békés et des blancs de France (qui perdurent, n'en doutez pas), des profondes conséquences de l'esclavage, de cette société totalement méconnue par ceux qui vivent ici en France.

Durant la Seconde Guerre Mondiale, le gouvernement de Vichy fit envoyé des gouverneurs se charger des affaires locales, loin bien entendu des principes démocratiques et républicains; du pain béni pour les békés, royalistes et colonialistes dans l'âme, n'ayant toujours pas digéré l'abolition de l'esclavage.

Encore à ce jour, vous pourrez trouver de ces gens-là, déblatérant à l'envie sur le temps passé, leur dégoût du métissage avec une pointe de nostalgie et la larme au coin de l'oeil.

N'empêche que cela n'a pas empêché leurs aïeux de se perdre au détour d'une case et d'y engrosser une servante ou deux...merci à Canal + pour ce documentaire où un vieux béké raciste remis le feu aux poudres déjà bien chaudes.

Donc voici la situation: une guerre mondiale, un gouvernement collabo, un blocus américain du fait de la méfiance de ceux-ci vis-à-vis de Vichy, l'or de la banque de France stocké au fort Desaix à la Martinique...vous imaginez déjà le contexte très tendu aux niveaux politique, social et économique sur fond de Pétainisme colonialiste, marché noir et fortune pour certains, et autres joyeusetés arbitraires, des délations etc...

Pas de ravitaillement du continent, pas de matières premières essentielles telles que l'huile alimentaire, fin de la démocratie et des libertés individuelles, An tan l'Amiral Robè (aux temps de l'Amiral Robert, 1940-1943) ou an tan Saurin pour la Guadeloupe, il fallait absolument se débrouiller pour survivre.

Et là, mes ami(e)s, je peux vous dire que je ne suis pas peu fière de la réaction des antillais! Certains ont même rejoint la résistance locale... 

L'ingéniosité, l'entraide et le savoir-faire ont trouvé tout leur sens, an tan l'Amiral Robè.

Production de savon à base de plantes riches en saponines, de sel, chaussures, cuir, retour en force du fameux jardin créole et des légumes-pays. Ah! les habitants des villes furent ravis de pouvoir compter sur leurs parents pauvres de la campagne cette fois...les références de France de l'élite ne furent pas d'un grand secours! Tant mieux!

Les aînés des fratries devenaient soutien de famille et quittaient l'école avec ou sans certificat d'études, peu importe, après tout se sont négrillons ou  ti coolies...ce fût le cas de mes grands-parents qui au début de la guerre n'avaient que 10-11ans.

La vie fût rude, mais enfin, la misère là-bas on connaît, on est né dedans pour la plupart de ceux qui ont la peau foncé...alors rien de nouveau sous le soleil de la Caraïbe.


Ce qui nous amène donc à mon huile de Coco, de la vraie, de la bonne, de la faite par amour.

Ma tante étant de retour de son voyage à la Martinique, elle m'a ramené de l'huile faite par ma merveilleuse Mamy!

Là-bas, après maintes demandes de sa part afin de savoir ce que je désirais, mon choix fût vite fait: de l'huile de Coco, de la vraie!

Vous connaissez sans doute le prix de cette merveilleuse huile, tant en savonnerie qu'en cosmétique ou en diététique, qui nous force à nous rabattre sur la Végétaline ou au mieux la désodorisée, filtrée, épurée...bref une pâte blanche qui n'a rien de la savoureuse odeur de noix de coco.

Quel bonheur lorsque ma tante O. me tend cette bouteille hier soir:

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Je n'étais pas au courant!!

Bien entendu, le procédé m'intéresse et je part donc à l'assaut de toutes les infos.


Comment d'y prendre:

- Se lever de bonne heure, et aller cueillir des noix de coco. Mais si, vous avez toutes et tous un cocotier dans votre jardin.

- Récupérer la pulpe et la débiter en petits dés, puis la passer au blender afin d'obtenir la pulpe la plus fine possible. L'idéal serait l'obtention d'un pâte ou purée de noix de coco, mais là, bon courage!

- La mettre dans un saladier et recourir d'eau, puis placer au réfrigérateur pour 24h

- Entre-temps, deux couches se forment. Une solide, le gras, et une liquide. Retirer le solide, réserver, puis filtrer le reste en prenant soin de bien presser afin d'en récolter le maximum de jus.

- Placer le tout dans un faitout, sur feu très doux sans remuer. Les deux phases se sépareront: l'huile en haut, le lait au fond. Si vous avez déjà fait du ghee (beurre clarifié important en cuisine indienne), vous ne serez pas dépaysé puisqu'il s'agit du même principe de séparation du beurre et du petit lait.

s_paration_de_l_huile_et_du_lait_de_coco

- Recueillir l'huile SANS toucher au lait, sans remuer. C'est la partie la plus délicate, mais avec patience, on y arrive! la réserver.

- Conserver le lait obtenu au frais. Il peut être utilisé pour la cuisine sans souci.

- Filtrer si besoin l'huile, puis embouteiller une fois celle-ci à température ambiante sans attendre qu'elle fige, sinon vous être bon(ne) pour un tour au bain-marie.

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Coucou Mamy!! Et merci!!

Et voilà, vous avez de l'huile de noix de coco faite par vos mimines!

Ici, j'ai près d'1,2kg qui sent VRAIMENT la noix de coco, bien plus que celle de Bioplanet ou VVD Gold et aussi limpide ^o^!

Bien sûr, elle n'est pas pressée à froid et bla bla bla mais légèrement chauffée comme expliqué ci-dessus.


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Il est possible que j'ai oublié quelques étapes, ou mal compris.

Mais dès que mon fixe décide de fonctionner normalement,

je contacte la source ;o) et éditerai cet article ci besoin.


CONSEILS & REMARQUES:

Attention, il n'est pas possible de remplacer la pulpe fraîche par de la pulpe séchée, cela n'a rien à voir.

Des noix de qualité sont évidemment nécessaires, pour des raisons des plus évidentes.

Utilisez un blender solide, prévu à cet effet (broyage de fruits à coques, café etc...), ce serait dommage de perdre votre robot de cuisine pour ça. Ma mamy a un robot pro, hi-tech, en métal et tout...dans lequel elle fabrique sa propre pâte à kolbou selon THE recette made in Indian Family. Alors il est plus que solide!

Ayez une bonne dose de patience, du temps, beaucoup de temps...ça vaut le coup, enfin selon moi.

En attendant que je m'achète un pressoir à huile, cette méthode fera l'affaire en limitant au maximum la chauffe, soit à moins de 50°C. Avec une telle machine, à moi l'huile de sapote...^o^! (ils en font des liqueurs en Martinique, n'importe quoi!!!)


Ah! Que ce savoir-faire ne se perde pas! M'est avis qu'il sera bien utile dans un avenir proche...je note, je note et je transmets à mes enfants, en croisant les doigts!


Hélàs, tout se perd déjà...les mangues ont été troquées contre des pommes-France, le fruit à pain contre des pâtes...de la pure folie quand on sait la richesse de ce paradis botanique.

Ce n'est pas pour rien que la Martinique est connue pour être l'Ile au Fleur.

Aaaaaaaah! j'ai envie d'un kolbou, un vrai pas à base de l'escroquerie en poudre nommée "poudre à colombo", de légumes-pays, de poisson, de morue, de mangue coco-boeuf ou bassignac -oui, celle qui laisse des fils entre les dents et au goût légèrement alcoolisé). Nostalgie...ET j'ai faim °-°!